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La CEEAC à l’atelier technique de réflexion sur les bioagresseurs des plantes en Afrique de l’Ouest et du Centre

Participation de la Commission de la CEEAC à l’atelier technique de réflexion sur les bioagresseurs des plantes en Afrique de l’Ouest et du Centre

Lomé, 29 avril 2026 ( République du Togo) – Le représentant de la Commission de la CEEAC, ABAKAR Mohammed, a pris part du 27 au 29 avril 2026 à Lomé, en République Togolaise, à l’atelier technique de réflexion sur les bioagresseurs des plantes en Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette rencontre, organisée par le CORAF avec l’appui de ses partenaires, s’inscrit dans le cadre du projet BIORISKS, financé par l’Union européenne à travers l’initiative DeSIRA et mis en œuvre avec le Centre WAVE, le Biorisk Management Facility (BIMAF) de l’Institut International de l’Agriculture Tropicale (IITA), l’Alliance Bioversity International-CIAT et le Centre National de Spécialisation sur les Bioagresseurs (CNSB) de l’Institut Togolais de Recherche Agricole (ITRA).

La participation de la CEEAC à cet atelier revêt une importance stratégique, dans la mesure où les risques biologiques, les ravageurs et les maladies des plantes constituent aujourd’hui des menaces majeures pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la productivité agricole, les revenus des producteurs, la stabilité des marchés, la résilience des systèmes alimentaires et la souveraineté alimentaire des États membres.

L’atelier a permis d’approfondir les échanges techniques sur les mécanismes de prévention, d’anticipation, d’alerte précoce et de réponse rapide face aux bioagresseurs, dans une perspective de coopération renforcée entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

L’atelier avait pour objectifs principaux de :

  • Identifier les synergies possibles entre les initiatives, les programmes et projets en cours sur les bioagresseurs des plantes ;
  • Echanger sur les modalités de mise en place d’un centre d’alerte précoce pour la région Afrique de l’Ouest et du Centre ;
  • Discuter d’une note conceptuelle de projet en gestation sur la base d’une feuille de route consensuelle, et ;
  • Renforcer les capacités des comptables du projet BIORISKS sur les bonnes pratiques de reporting financier exigées par les partenaires financiers.

Les résultats attendus portaient notamment sur l’identification de synergies entre les structures et organisations concernées, l’acceptation des actions à entreprendre pour la mise en place d’un centre d’alerte précoce, la finalisation d’une note conceptuelle de projet et la formation des comptables aux exigences des partenaires financiers.

La CEEAC a pris part aux travaux à travers une contribution institutionnelle, politique et technique portant sur les enjeux spécifiques de l’Afrique centrale en matière de prévention et de gestion des bioagresseurs.

Dans son allocution, le représentant de la Commission de la CEEAC a rappelé que les risques biologiques, les ravageurs, les maladies des plantes et les menaces phytosanitaires ne connaissent ni frontières administratives ni limites communautaires, et qu’ils exigent des réponses collectives, coordonnées, anticipatives et solidaires.

La CEEAC a également souligné que la lutte contre les bioagresseurs doit être articulée avec les grandes priorités régionales, notamment la transformation des systèmes agroalimentaires, la réduction de la dépendance alimentaire, l’amélioration de la productivité agricole, la promotion des chaînes de valeur régionales, la résilience climatique et le renforcement des dispositifs de prévention, de préparation et de réponse aux crises.

Le représentant de la Commission a insisté sur l’importance de faire évoluer les approches actuelles, souvent dispersées et fragmentées, vers une véritable architecture régionale et interrégionale de gestion des risques biologiques. Cette architecture devrait intégrer les systèmes nationaux de recherche agricole, les organisations régionales, les institutions spécialisées, les services nationaux de protection des végétaux, les universités, les plateformes de surveillance, les producteurs et les partenaires techniques et financiers.

L’un des acquis majeurs de l’atelier réside dans la reconnaissance partagée du caractère transfrontalier des bioagresseurs et des maladies des plantes. Pour la CEEAC, cette orientation est essentielle, car plusieurs États membres partagent des bassins de production, des corridors commerciaux, des zones agroécologiques et des frontières naturelles avec l’espace CEDEAO.

Cette reconnaissance ouvre la voie à une coopération structurée entre la CEEAC, la CEDEAO, le CORAF, l’ARAA, WAVE, BIMAF, l’IITA et l’Alliance Bioversity International-CIAT pour bâtir des mécanismes communs d’anticipation, de surveillance, d’alerte et de réponse.

Le document de programme met en avant l’utilisation d’outils d’analyse prospective, de veille stratégique, de modélisation et de scénarios pour mieux comprendre les déterminants d’introduction, de diffusion et d’explosion des ravageurs et maladies transfrontalières.

Pour la CEEAC, cette avancée est particulièrement importante. Elle permettrait de passer d’une gestion réactive des crises phytosanitaires à une approche préventive fondée sur les données, l’analyse des risques, la modélisation climatique, les signaux faibles et les scénarios d’évolution. Une telle approche pourrait être intégrée aux futurs dispositifs régionaux de sécurité alimentaire et nutritionnelle, de résilience climatique et de gestion des risques agricoles.

Au terme des échanges, plusieurs observations ont été formulées du point de vue de la CEEAC.

  • Premièrement, la prévention et la gestion des bioagresseurs doivent être considérées comme un pilier de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique centrale, au même titre que la production, la transformation, le stockage, la commercialisation et la résilience climatique.
  • Deuxièmement, la fragmentation des initiatives limite l’efficacité des réponses. Il est donc nécessaire de mettre en place un cadre de coordination permettant de mutualiser les outils, les données, les plateformes, les expertises et les ressources.
  • Troisièmement, l’Afrique centrale doit renforcer ses capacités de diagnostic, de surveillance, de collecte de données, d’analyse prospective, de communication des risques et de réponse rapide en tenant compte de ses réalités et spécificités agroécologiques.
  • Quatrièmement, la mise en place d’un centre d’alerte précoce ne doit pas être uniquement technique. Elle doit reposer sur un ancrage institutionnel clair, des responsabilités définies, des mécanismes de financement, des protocoles de partage de données, des procédures d’intervention et une appropriation par les États membres.
  • Cinquièmement, les producteurs, les femmes, les jeunes, les organisations professionnelles agricoles, les services de vulgarisation, les collectivités locales et toutes les autres parties prenantes doivent être intégrés dans les mécanismes de surveillance et d’alerte, car ils constituent souvent les premiers témoins des infestations et des foyers de maladies

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