Élections en Centrafrique : La Mission de la CEEAC dresse un bilan
Élections en Centrafrique : Une Mission de la CEEAC dresse un bilan globalement positif, malgré quelques défis logistiques
Bangui, 29 décembre 2025 (République Centrafricaine) – La Mission internationale d’observation électorale de la CEEAC (Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale) a présenté sa déclaration préliminaire sur les élections générales tenues en République Centrafricaine. Le constat principal est celui d’un scrutin organisé dans un « climat apaisé », marqué par la responsabilité des acteurs et la participation active des électeurs, malgré des retards localisés à l’ouverture des bureaux.
Une mission régionale pour un scrutin crucial
Sur instruction du Président de la Commission de la CEEAC, S.E.M. l’Ambassadeur Dr. Ezéchiel Nibigira, une mission d’observation de 22 membres (coordinateurs et observateurs) a été déployée du 24 au 31 décembre 2025. Dirigée par S.E.M. Gabriel Arcanjo Ferreira Da Costa, elle regroupait des experts issus de neuf États membres de la CEEAC. Son mandat : observer le déroulement des opérations de vote des élections présidentielle, législatives, régionales et municipales, et évaluer la régularité du scrutin, sur la base des textes régionaux et internationaux.
Un contexte de stabilité institutionnelle et d’efforts sécuritaires
La Mission souligne que les élections se sont tenues dans un cadre politique marqué par « la stabilité et le fonctionnement régulier des institutions étatiques ». Elle relève également « les efforts considérables fournis par le Gouvernement et les partenaires internationaux » pour garantir la sécurité du scrutin sur l’ensemble du territoire national. La campagne électorale, observée dans sa dernière phase, s’est globalement déroulée dans un « climat apaisé », témoignant selon la Mission de « la maturité politique du Peuple centrafricain ».
Une élection relativement bien organisée, mais des écarts constatés
Le jour du vote, la Mission, déployée dans les neuf arrondissements de Bangui, a noté plusieurs points positifs :
· Matériel et personnel : Le matériel électoral était disponible « à temps, en quantité suffisante ». Le personnel électoral a fait preuve de « professionnalisme » et d’une « bonne maîtrise des procédures », avec une présence notable de femmes et de jeunes.
· Sécurité et transparence : La présence des forces de défense et de sécurité était « discrète et non intrusive ». Le secret du vote a été garanti et les opérations de dépouillement se sont déroulées dans « un climat serein et dans la transparence ».
· Participation : La participation de la population est jugée « encourageante ».
Cependant, quelques dysfonctionnements ont été relevés :
· Ouverture retardée : Bien que l’horaire officiel (6h-18h) ait été globalement respecté, des retards à l’ouverture sont survenus par endroits en raison de l’arrivée tardive du personnel ou du matériel.
· Accessibilité : Les bureaux de vote situés à l’étage étaient « difficilement accessibles » pour les personnes à mobilité réduite, même si le personnel s’est montré disponible pour les aider.
· Cartes d’électeur : Si les électeurs pouvaient voter avec d’autres pièces d’identité, la Mission souligne l’importance d’une distribution plus efficace des cartes d’électeur avant le scrutin.
· Représentation des candidats : Un constat notable est l’absence de représentants de candidats dans « la majorité des bureaux de vote », alors que la loi leur en accorde le droit.
· Parité : La Mission note par ailleurs « un faible taux de candidatures des jeunes et des femmes ».
Des recommandations pour les prochains scrutins
À l’issue de ses observations, la Mission adresse plusieurs recommandations aux acteurs du processus électoral centrafricain :
· À l’Autorité Nationale des Élections (ANE) : Assurer une distribution plus anticipée des cartes d’électeurs, poursuivre la formation des agents électoraux et renforcer les actions d’éducation civique.
· Aux candidats et partis politiques : Déployer systématiquement des représentants dans les bureaux de vote, privilégier les voies légales en cas de contestation et encourager davantage la candidature des femmes et des jeunes.
· À la société civile : Poursuivre son rôle crucial d’éducation civique et de sensibilisation, notamment pour le retrait des cartes d’électeur.
· Aux partenaires internationaux : Maintenir leur appui au processus de consolidation démocratique en Centrafrique.
Un pas encourageant, des progrès à poursuivre
La Mission de la CEEAC conclut sur un bilan « satisfaisant » et félicite à la fois le peuple centrafricain pour son « civisme » et les autorités pour « la bonne organisation » du scrutin. Si elle souligne des défis logistiques et d’inclusion à surmonter, ce rapport préliminaire dresse le portrait d’un processus électoral ayant globalement respecté les normes, ouvrant la voie à une période cruciale de dépouillement et de proclamation des résultats. La Mission rappelle l’importance du dialogue et des voies légales pour la suite du processus. Un rapport final plus détaillé sera ultérieurement remis aux autorités centrafricaines et à la CEEAC.
Cette déclaration préliminaire s’est tenue en présence de Madame la Ministre des Affaires Étrangères, de la Francophonie et des Centrafricains de l’Etranger, Ministre de la Sécurité Publique et du Corps diplomatiques accrédités en RCA, les différents médias nationaux et internationaux.




