
Lors de ce rassemblement continental pour la jeunesse, des représentants de l’Union africaine, des organisations régionales, des hauts cadres et des jeunes venus de tout le continent ont participé à cet événement et échangé sous le thème : « Au-delà des discours : l’autonomisation et l’engagement des jeunes dans le développement durable, les systèmes agro-alimentaires et les chaînes de valeur minières, un moteur essentiel de l’agenda continental jeunesse, paix et sécurité ».
Les jeunes : une force active, pas seulement un potentiel
Monsieur Moumouni Diallo, Président de l’Union panafricaine de la jeunesse, a abondé dans le même sens. Il a rappelé que « rien de grand ne peut se construire sans la paix et la sécurité ». Pour lui, cette paix ne peut être atteinte sans l’engagement actif des jeunes, qu’il a invités à être « des vecteurs et des acteurs de la paix ». Il a aussi appelé les gouvernants à œuvrer pour l’employabilité des jeunes.
La CEEAC salue le leadership du Burundi en faveur des jeunes
Selon lui, ce rendez-vous n’est plus une simple rencontre institutionnelle. Il constitue une véritable plateforme d’engagement et de mobilisation de la jeunesse du continent pour la construction de l’Afrique.
S’adressant aux jeunes, l’Ambassadeur Dr. Ezechiel Nibigira a déclaré : « Cette dynamique fait de vous la première force sociale, économique, culturelle et technologique de notre avenir, et place sur vos épaules une responsabilité historique : bâtir une Afrique plus stable, plus innovante et plus prospère.»
Le Président de la République du Burundi : « L’Afrique doit miser sur son leadership endogène »
Face aux troubles internes qui secouent certains pays, parfois liés à la pauvreté, il a appelé à chercher « des solutions durables ». « L’avenir des nations africaines passera par la valorisation du leadership endogène », a-t-il déclaré. Il a défini la paix comme le fait d’avoir « un bon cœur et de bons sentiments envers autrui », sentiments qu’il faut cultiver en créant une « indépendance financière ».
Il a insisté sur la nécessité pour les États de mettre en place des cadres légaux et institutionnels favorables aux jeunes, et a appelé ces derniers à la discipline et à se fixer des objectifs clairs.
Constats et solutions : emploi, paix et autonomisation
Des exemples concrets d’autonomisation ont été présentés, comme le Programme d’Autonomisation Économique et d’Emploi pour les Jeunes (PAEEJ) au Burundi. Depuis 2021, ce programme a formé près de 45 000 jeunes, financé des milliers de projets et contribué à créer des dizaines de milliers d’emplois.
Une table ronde sur les stratégies d’autonomisation a identifié plusieurs pistes :
- Favoriser un changement de mentalité.
- Faciliter l’accès aux marchés internationaux.
- Promouvoir les partenariats public-privé.
- Développer massivement les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).
- Encourager le réseautage.
Les défis restent nombreux : manque de vision chez certains jeunes, conflits politiques, accès limité aux TIC, fuite des cerveaux et faible représentation des jeunes dans les instances de décision.
L’agro-alimentaire et les mines, piliers de la stabilité
Un axe majeur des discussions a porté sur l’autonomisation des jeunes dans les secteurs minier et agro-alimentaire, présentés comme des piliers pour la stabilité et le développement durable en Afrique. Les experts ont exploré comment intégrer les jeunes dans ces chaînes de valeur pour bâtir une paix durable et une prospérité inclusive.
Les jeunes, architectes de l’avenir de l’Afrique
Au-delà des chiffres et des discours, ce 4e Dialogue continental a envoyé un message fort : il est urgent de passer des paroles aux actes. Les jeunes ne doivent plus être perçus comme une simple catégorie démographique ou un problème à résoudre, mais comme les principaux acteurs du changement positif, du dialogue, de la paix et du développement économique du continent.
Le pari est clair : en offrant aux jeunes un cadre juridique propice, un accès à la formation, au financement et aux marchés, notamment dans les secteurs porteurs comme l’agro-alimentaire et les mines, l’Afrique peut transformer son défi démographique en un formidable atout pour assurer sa sécurité, sa stabilité et son avenir.

